03/12/2008
gogol' (1)
C’était un appartement d’auberge du genre national, d’une auberge russe faite comme le sont toutes les auberges russes des chefs-lieux de gouvernement ; un appartement où, pour deux roubles par jour, le voyageur est mis en possession d’une chambre tranquille, où il jouit du spectacle des évolutions que font, dans tous les coins et recoins et sur le seuil de la chambre voisine, les blattes, les grillons et les gros cafards noirs, qui font à l’œil distrait l’effet de pruneaux, et de pruneaux en goguette. Là on sait que la porte du voisin est toujours barricadée au moyen d’une commode, et le voisin de chambre, toujours un homme silencieux, morose, mais très curieux, très empressé à épier du coin de l’œil le nouvel arrivant et à questionner les garçons et le premier venu sur son compte, malgré la presque certitude de ne rien apprendre sur eux ou d’apprendre fort peu de chose.
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